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Exposition "Collectionneur en herbe"

Culture et loisirs 4 novembre 2016

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Initialement programmée jusqu’au 31 octobre, l’exposition « Collecteurs en herbe » au musée de la Ville est prolongée au 26 novembre, ouvrant l’opportunité de découvrir douze collections d’objets d’enfants d’aujourd’hui face à des collections d’enfants d’autrefois et provenant de prêts de Nouméens.

Cette exposition temporaire participative se propose de mettre en lumière ces collectionneurs passionnés. Chacune des collections présentées a la valeur que son propriétaire lui accorde, de la même manière que les oeuvres exposées dans les musées ont la valeur donnée par le marché de l’art et les professionnels du secteur.

Au-delà de l’aspect historique et pécuniaire, toutes ces collections ont une forte valeur émotionnelle, d’autant plus qu’elles ont été commencées durant l’enfance.

Certains de ces objets ont été conservés plusieurs décennies, documentés et classés pour être aujourd’hui exposés.

Au fur et à mesure des vitrines, on découvre les portraits d’enfants, d’hier et d’aujourd’hui, qui ont commencé une collection, volontairement ou par « accident ».
Malgré le temps, ces objets sont toujours là, conservés par leurs propriétaires comme de précieux butins et exposés pour notre plus grand plaisir.

INFOS PRATIQUES

Musée de la Ville, 39, rue Jean-Jaurès, place des Cocotiers.
Ouvert du lundi au vendredi de 9h à 17h et le samedi de 9h à 13h et de 14h à 17h (fermé le 11 novembre – Armistice 1918).
Plein tarif : 200 F
Tarifs réduits : étudiants et personnes de plus de 60 ans : 100 F, 12-18 ans : 50 F
Gratuit pour les moins de 12 ans et les personnes handicapées

LES 12 COLLECTIONS A DECOUVRIR

Pointes de flèches et de lances

Cette collection appartient à Vilfred Bjorgman qui a commencé à s’intéresser aux timbres à l’âge de 9 ans avant de collecter les cartes à jouer, comme celles du jeu Magic et, dans la même thématique, les figurines de jeux. En grandissant, ses collections évoluent vers des objets choisis et ayant plus de sens. Puis elles prennent de l’importance grâce à quelques dons, notamment de son grand-père.
C’est ainsi que Vilfred passe d’un sujet à l’autre sans pour autant s’éparpiller. Pour lui, la situation de collectionneur est liée aux passions et évolue avec la maturité. Il a baigné pendant son enfance dans une ambiance où les objets suscitaient l'intérêt, puis il s’est créé son propre bagage, volant de ses propres ailes.
Sa collection d’armes et d’objets anciens compte à ce jour plus de 180 objets dont 91 sont exposés au musée de la Ville. Elle se compose majoritairement de pointes de flèches et de lances mais aussi de couteaux et de fers de hache.
 
 
Pin’s
 
C’est à l’apogée du pin’s (petit badge métallique qui se fixe sur un vêtement, le plus souvent, par une attache dorée, le papillon), au milieu des années 1980, que la jeune Françoise Margerit débute sa collection avec un pin’s offert lors d’un congrès de la fédération internationale de body-building (IFBB) à Guam. Puis par différents moyens d’acquisition et par quelques achats, elle atteint le nombre de 89 pièces en 10 ans. Elle n’a jamais été excessive pour constituer sa collection, elle a privilégié les bonnes occasions qui avaient du sens pour elle. La plupart des pin’s présentés au musée sont autour du body-building et à l’effigie de l’île de Tahiti, deux thèmes reflétant un pan de la vie de Françoise qui a vécu en Polynésie française et qui a été une athlète dans le domaine du culturisme.
Accessibles, abordables financièrement et peu encombrants, le pin’s représente une collection pratique à effectuer. Cependant, il est impossible de tous les collectionner et ce n’était d’ailleurs pas le but de Françoise qui a aujourd’hui arrêté et souhaite même les revendre…
 
 
Cartes à jouer et à collectionner
 
Parmi les nombreuses collections de Sylvain Heyser, les cartes à jouer et à collectionner représentent un nombre important. Il a un intérêt particulier pour les boîtes encore sous vide. Il possède aussi des jeux qu’il n’utilise pas dont certains n’ont pas eu de succès commercial, malgré leur aspect prometteur, comme celui autour de la franchise Harry Potter. Sylvain acquiert ces jeux peu populaires, non sans raisons, mais parce qu’il aime l’idée de récupérer des jouets dont personne ne veut et qui lui rappellent son enfance. Pour les cartes, il limite cependant ses acquisitions selon la date de publication, évitant ainsi d’en acheter des fraîchement sorties dans le commerce. Il en possède certaines sorties de leurs sachets, comme pour World of Warcraft auquel il y joue régulièrement avec ses amis ou ses enfants, même si ces derniers préfèrent Pokémon, devenu un jeu intergénérationnel.

 
Dragonautes
 
Sylvain Heyser collectionne également les figurines Dragonautes. De 5 cm de haut, elles sont vendues à partir de 1986, lorsque Sylvain avait 10 ans. À cette époque, chaque mercredi, ses parents lui achètent un jouet ainsi qu’à son frère. Voyant ces figurines vendues par deux, les jeunes garçons y trouvent leur compte et débutent chacun une collection. En cherchant à agrandir la sienne, Sylvain se tourne vers ses amis qui ont la même passion et aussi vers les annonces dans le journal. Malheureusement, l’arrêt de la production des Dragonautes, en 1988, complique sa quête et le pousse à faire une pause. Il reprend au milieu des années 1990, notamment par le biais d’Internet. Il se donne alors beaucoup de mal pour accéder aux pièces manquantes. Il entre même en contact avec des collectionneurs japonais qui lui envoient des figurines exclusives. Il acquière la collection complète en réunissant les 112 figurines de la gamme, mais seulement en loose, c’est-à-dire sorties de leur emballage. Le challenge continu alors et se corse pour trouver toutes les figurines sous emballage ! Sa collection compte à ce jour plus de 200 Dragonautes et continue de s’agrandir au grès des occasions et des enchères du net.
L’objectif de Sylvain n’est pas seulement de toutes les obtenir, mais aussi de retrouver les objets qui ont bercé son enfance. Ses recherches s’étendent aussi aux jeux de société, aux cartes à jouer, aux revues comme L’Argonaute en passant par les affiches de film ou encore les autocollants Panini.
 
 
Fèves

Avant d’être un objet manufacturé, la fève est avant tout un légume. Il apparaît dans certains rituels, notamment à l’époque romaine, lors des Saturnales, grandes cérémonies de la fin du mois de décembre, qui fêtent la liberté et le monde à l'envers. À cette occasion, un roi est tiré au sort parmi les esclaves ou les prisonniers lors d’un partage d’un gâteau.
Au Moyen-Âge, la tradition se perpétue avec une fève mise dans le gâteau qui permet d’élire le roi d’un jour parmi les domestiques. À cette même époque, l’Église voulant s’imposer face aux célébrations païennes, fixe la date de l’Épiphanie ̶ la visite des Rois Mage ̶ avec diverses traditions de gâteau ou galette des Rois. En quelques siècles, la coutume du gâteau traditionnel s’impose pour la fête de l’Épiphanie et se répand alors dans la majorité des pays chrétiens. Cependant, la tradition de la galette des Rois reste une spécificité française.
Émilie Denis tombe dans la collection de fèves vers l’âge de 10 ans. Tout commence lorsqu’une amie de la famille, boulangère, lui offre une série entière. De là, chaque année, elle a droit à un nouveau lot qui vient enrichir sa collection. Elle collecte également des fèves dans les galettes des Rois mais cette méthode ne lui permet pas toujours d’obtenir une série, alors, parfois, elle s’en achète en privilégiant des fèves singulières ou ayant de la valeur.
Aujourd’hui, Émilie se limite à l’achat de deux ou trois séries par an. Après 20 ans de collecte, la passion et l’attachement sont toujours là mais avec un regard d’adulte plus modéré. Sa collection compte à ce jour près de 750 fèves.
 
 
Gommes
 
La gomme, élément essentiel de la trousse d’un écolier, est un objet du quotidien pour un enfant et peut donc acquérir une forte charge émotionnelle. Il est fréquent que les enfants, très jeunes, se mettent à collectionner des gommes en les échangeant avec leurs camarades. D’autres ne s’arrêtent jamais et transforment cet objet d’école en passion. C’est le cas de Laure Recasens qui devient, à la fin des années 1970, une collectionneuse dans l’âme et le reste encore aujourd’hui. Son esprit de collection ne se limite pas aux gommes puisqu’elle s’intéresse aussi aux flacons de parfums, aux boîtes à poudre, etc. Le plaisir de l’échange et la rencontre de l’autre sont pour elle des moteurs essentiels dans l’élaboration de ses collections.
Laure débute sa collection principalement dans les vides-greniers où elle déniche des lots et des pièces originales. Par la suite, elle augmente ses exigences en termes d’acquisitions et se tourne vers les salons spécialisés, puis vers Internet. Au fil des années sa collection s'étoffe jusqu'à compter plus de 300 gommes ! Certaines proviennent de loin, notamment d'Allemagne ou elle séjourna dans les années 80, et même du Japon, car au Pays du Soleil Levant même les gommes sont kawaii (adjectif japonais signifiant mignon, adorable utilisé pour parler des produits autour de personnages populaires auprès des enfants et des adultes, comme Hello Kitty).
Aujourd'hui, Laure n'alimente cette collection que très épisodiquement et préfère se concentrer sur ses autres objets. En outre, le climat de notre cher Caillou ne permet pas une bonne conservation des gommes, ce qui ne l’empêche pas de garder précieusement ce butin d’une vie pour son aspect affectif. Ses gommes lui rappellent son enfance mais aussi ses parents aujourd’hui disparus. Cumiphile est le nom donné au collectionneur de gommes
 
 
Miniatures
 
Robert Puertas commence sa collection à 9 ans de petites voitures tout en considérant ces voitures encore comme des jouets. En grandissant, il interrompt sa collecte puis la reprend, dans un esprit conservateur. Il devient par la suite gendarme et développe une vraie passion pour les véhicules militaires, principalement de la Seconde Guerre mondiale, et d'après-guerre, que ce soit des armées américaine, allemande, ou française. Il enrichit aussi son trésor avec des véhicules des 24 heures du Mans ou des répliques de véhicules de rallyes automobiles comme celui de Monte
Carlo.
Une fois une thématique terminée, Robert se lance dans un nouveau projet : il s’agit maintenant d’objets de collection et plus vraiment de jouets. Dans sa quête, il tente de retrouver les voitures avec lesquelles il jouait étant enfant. Après 40 ans de collecte, Robert possède plus d’un millier de véhicules miniatures !
 
 
Fossiles et pierres
 
L’intérêt pour les pierres et les fossiles, provenant de la terre et de la mer, est né dès l’âge de 5 ans chez Maxime Carlier. Aujourd’hui, âgé de 10 ans, il rêve toujours de devenir explorateur et de découvrir les secrets de notre planète. Tout petit, au gré des promenades, il ramasse les pierres qui ont une particularité à ses yeux pour les exposer chez lui, comme des trophées. Le plus fascinant pour lui est la surprise que certaines pierres peuvent renfermer. C’est le cas de certaines roches à l’aspect extérieur banal mais cachant des cristaux
ou des fossiles à l’intérieur.
Voyant sa passion grandir, son entourage commence à lui offrir des pierres pour lui permettre d’enrichir sa collection. Cette passion n’est pas tombée du ciel puisque son père et son grand-père partagent le même intérêt et lui lèguent de nombreux objets de valeur, tels que des silex. Cet intérêt familial semble contagieux car même Sacha, le petit frère de Maxime, commence à remplir ses poches de cailloux.
Maxime, jeune lithophiliste -collectionneur de pierres- a plus de 200 pièces et n’est pas prêt à s’arrêter-là. Il commence déjà à prévoir ses prochaines acquisitions en économisant son argent !
 
 
Timbres
 
Mis en place dès 1840 par les Britanniques, le timbreposte est adopté en France en 1849, après de nombreuses années de refus de l’administration des postes. Cette invention révolutionne le système postal lequel, auparavant, faisait payer le transport du pli à son destinataire. Ce nouveau moyen de paiement peu élevé entraine un accroissement immédiat des correspondances. L’aspect fonctionnel du timbre évolue en 1917 avec l’apparition des premiers timbres commémoratifs.
Le jeune infirmier Daniel Pigeault rêve de découvrir le monde et décide, durant l’entre-deux-guerres, de rejoindre le docteur Albert Schweitzer, prix Nobel de la paix, en Afrique équatoriale, pour construire des hôpitaux. Cette expédition lui permet de débuter une collection de timbres exotiques qu’il ne cessera d’enrichir au cours de ses voyages sur l’ensemble du continent africain. À son retour en Europe, sa collection, qui comprend des timbres rares des colonies françaises, est perdue. Toutefois, la passion est encore là et Daniel la transmet à sa fille, Colette Pigeault Monnier. Sur les conseils de son père, elle crée ses propres albums avec des timbres de Madagascar, notamment. En arrivant en Nouvelle-Calédonie, elle enrichit sa collection de timbres « premier jour » de l’Office des Postes et Télécommunication de Nouméa.
Sa fille, Catherine Katidjo Monnier, petite-fille de Daniel, est passionnée par les objets anciens et souhaite perpétuer cette tradition philatélique familiale en chinant des timbres qu’elle offre à son fils, Jérémie Katidjo Monnier. Le jeune Jérémie les réorganise et constitue une nouvelle collection riche de plus de 9 000 timbres, issus de plus de 160 pays et colonies, depuis la fin du XIXe siècle.

 

Soldats de plomb

Louis-Georges Viale, dit Tyloup, collectionne TOUS les objets. Seuls deux critères permettent de limiter ses choix : il faut que les pièces est un lien avec la Nouvelle-Calédonie ou avec son enfance. Alors il fait les puces, les ventes aux enchères, les déménagements et se lie avec les particuliers pour trouver des objets rares de l’histoire calédonienne. Cela lui est aisé car il a rencontré bien du monde sur le Caillou en l’arpentant du Nord au Sud pour la météo. Et n’est-il pas Maréen par sa grandmère également ? Ainsi trouve-t-il, entre un rail de parquet, des pièces de monnaies inédites de 1900 ; il déniche des nacres gravés du bagne ou, moins couru, une chaine de prisonnier. Il collectionne aussi nombre de livres, de cartes ou encore de photos sur la Nouvelle-Calédonie. Son père avait déjà cette fibre patrimoniale et lui a largement léguée. Cependant, son classement est très personnel et nul ne s’y retrouverait mais, lui, se souvient de chaque objet, de sa fonction et du lieu improbable où il l’a entreposé.
Tyloup garde avec affection ses jouets – petites voitures, soldats de plomb, billes -, ses collections de pierres ou de coquillages et d’autres merveilles qui ont peuplé son enfance. Il lui reste ainsi 68 petits soldats de plomb datant des années 1950 et quelques-uns en plastique.

 

Dinosaures

Thuan, artiste depuis sa jeunesse, a toujours collectionné beaucoup de choses. Une de ses plus grandes collections réunit des objets liés à la thématique des poules et des coqs. Il essaye de les rattacher à une logique artistique et iconographique à travers, notamment, la sculpture et la peinture. Il adore apprendre de nouvelles choses en lien avec ses sujets de prédilection. Cette volonté d’acquérir des objets s’accompagne d’une volonté de s’enrichir intellectuellement. D’ailleurs, il trouve dommage que les enfants ne collectionnent plus autant qu’à son époque. D’après lui, c’est la faute aux tablettes qui permettent de tout avoir sous la main… virtuellement !
Dans sa jeunesse, ce sont les jouets de dinosaures qui l’ont fasciné. Certaines pièces, qui ont près de 50 ans, ne sont pas si différentes des jouets modernes, à une exception près : aucun système électronique ! Il choisit de garder ses jouets pour leur valeur affective et sentimentale, comme souvenirs de son enfance. Il lui arrive encore aujourd’hui de compléter sa collection lorsque l’occasion se présente. Il leur trouve également une fonction puisqu’en tant qu’artiste, il a besoin de modèles, qui plus est sont ludiques, pour enseigner la peinture aux enfants.
 
 
Billes
 
Plus jeune exposante de cette exposition, Larry Guacar, a 9 ans et collectionne déjà depuis quelques années ! C’est en maternelle qu’elle commence à jouer et à gagner ses premières billes. Au fil des années, sa collection grandit en même temps que sa passion pour ces petits objets en verre. La présence d’un terrain de billes dans son école de Rivière-Salée favorise sa pratique quotidienne.
Dans le même esprit, notre collectionneuse en herbe s’intéresse aussi aux pierres semi-précieuses. À la maison, la maman de Larry dit ne plus savoir où mettre toutes ces billes et décide d’utiliser les plates pour décorer ses pots de plantes ! Larry a passé la moitié de sa vie à collectionner et a réuni plus de 800 billes !
 

Quartiers : Centre-ville

Lieu : Musée de la Ville

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