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Restauration de la fontaine Céleste

Culture et loisirs 11 janvier 2017

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La Ville de Nouméa commencera les travaux de restauration et de remise en service de la fontaine Céleste située place des Cocotiers à partir du lundi 16 janvier pour une durée estimée de 3 mois et demi.

LES TRAVAUX

Cette opération est cofinancée par la Ville de Nouméa (60%) et par la province Sud (40%).
Les travaux comprennent le ré-appareillage et le nettoyage des pierres, la remise en état des circuits hydrauliques (avec filtration et recyclage) et de l’éclairage ainsi que la reproduction à l’identique des motifs (dauphins) constituant la partie haute du monument.
Ces sculptures, d’un mètre de hauteur, ont déjà été sculptées à l’identique par l’artisan tailleur de pierre, Mathieu Tardy.

Durant les travaux, des panneaux d’information sur l’histoire de la fontaine entoureront tout le chantier.

Les travaux sont financés par la Ville de Nouméa et la province Sud.

REAMENAGEMENT GLOBAL DE LA PLACE DES COCOTIERS

Cette restauration s’inscrit dans le programme de réaménagement global de la place des Cocotiers afin de dynamiser et d’embellir l’hypercentre.

Les aménagements déjà effectués :

  • réduction des végétaux en divers points de la place qui représentaient des zones d’insécurité car elles empêchaient la bonne visibilité pour les caméras de vidéoprotection,
  • remplacement de structures en brique par des espaces engazonnés,
  • réduction de la hauteur de certaines structures en brique,
  • création de placettes en deck, espace scéniques pour les spectacles, autour du kiosque à musique,
  • installation de sculptures monumentales place Courbet,
  • modernisation du mobilier urbain et installation de 80 nouveaux bancs et d’une trentaine de fauteuils en bois et aluminium,
  • mise en place de deux cafés-terrasses autour de la place de la Marne,
  • engazonnement de tous les accotements et installation de potelets anti-stationnement.
RAPPEL HISTORIQUE

La fontaine Céleste marque le point de départ du kilométrage des routes du Territoire.

Ce monument en pierre de taille, posée sur des fondations de béton est composé d’un grand bassin octogonal surélevé de trois marches.
Au-dessus, un bassin plus petit en forme de coupe octogonale est supporté par des consoles à volutes, lui-même surmonté d’une vasque circulaire soutenue par des cariatides. Le tout s’achève par une statue allégorique.
La fontaine Céleste a été inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques de la Province sud par arrêté n°984-92 du 13/08/1992.

Le maire de Nouméa, Pierre Sauvan, reçoit une lettre du gouverneur Laffon en date du 6 février 1892 lui présentant un avant-projet d’une fontaine monumentale qui, construite sur une des places de la ville, serait un moyen d’embellissement du chef-lieu.

Une commission d’étude est alors créée lors du conseil municipal du 25 février 1892. Dans l’attente du devis de M. Mahoux, la commission rend son rapport qui est examiné en séance du conseil municipal en date du 30 mai 1892. Les conclusions en sont les suivantes : Le conseil municipal doit faciliter la réalisation du projet seulement si le gouverneur assure à M. Mahoux la main d’oeuvre nécessaire à son exécution.
Le délai d’exécution est fixé à deux ans pour un budget de 16 476,81 francs.
La décision est prise d’ériger la fontaine au centre de la place Courbet.*

La fontaine Céleste de Nouméa. - Album Raoul de la VAISSIÈRE

Le 24 juin 1892, un courrier du gouverneur informe le maire de l’accord de l’Administration Pénitentiaire pour la mise à disposition de M. Mahoux de quatre tailleurs de pierre et de trois manoeuvres..

Les travaux débutent le 3 juillet 1892.
La pierre est d’abord extraite de la carrière du Mont Bérard, puis transportée dans l’atelier du sculpteur à la Vallée-des-Colons pour être travaillée.

Le 21 septembre 1892, les travaux artistiques sont au tiers terminés :

  • Une des vasques est terminée.
  • La seconde est en cours de débitage.
  • Le bloc utile pour la statue principale est trouvé.
  • Un des « enfants jouant avec le dauphin au milieu des algues » est à peu près fini. Un autre est en chantier.
  • Les embases destinées à recevoir la statue sont terminées.
  • Deux grands dauphins ainsi que la pierre angulaire de raccordement sont montés et attendent la visite d’une commission.
  • Il en va de même pour les remplissages destinés à recevoir les inscriptions et leurs pierres de couronnement.

Le 26 novembre 1892, par courrier, Paul Mahoux demande à ce que la place Courbet lui soit mise à disposition pour effectuer les travaux de maçonnerie du soubassement de la fontaine. Le plan des fondations est alors réalisé.
Le déroulement des travaux prévus est le suivant :

  • Bâtir le plan de béton et réaliser les murs aussitôt après la prise.
  • Une fois que tout est stable, il faut garnir en terre et chaussine et damer le tout.
  • Une nouvelle couche de béton sera réalisée pour former le fond de la première vasque.
  • Au-dessus du tout, les assises destinées à recevoir la seconde vasque seront placées.

Paul Mahoux est confiant pour une livraison des travaux en octobre 1893.

Le 30 novembre 1892, la municipalité l’autorise à établir un atelier sur la place Courbet. Le maire doit faire des démarches auprès de l’Administration Pénitentiaire pour obtenir de la main d’oeuvre supplémentaire. De plus, l’architecte-voyer doit traiter le problème de l’alimentation en eau de la fontaine.
Mais des difficultés surviennent.
Tout d’abord, la main d’oeuvre pénale qui devait être mise à disposition gratuitement a été facturée à M. Mahoux.

Le 1er mars 1893, le conseil municipal émet donc un voeu concernant la gratuité de cette main d’oeuvre. Le dégrèvement intervient alors le 12 juin 1893.

M. Mahoux a commis des erreurs dans son devis initial du fait de sa méconnaissance de la nature du sol et de la pierre calédonienne extraite de la carrière du Mont Bérard. De ce fait, il a dû changer le système des fondations par rapport aux devis et des plans initiaux, ce qui a engendré un surcoût important pour le statuaire.
Pour finir, la municipalité a tardé à installer la tuyauterie et a aussi apporté des modifications dans le système, ce qui a entraîné une rectification du soubassement. En effet, le rapport de la commission du 31 mai 1893 évoque l’urgence pour la municipalité d’installer la tuyauterie.
Les conclusions du rapport de la commission en date du 29 novembre 1893 sont les suivantes :

  • M. Mahoux a commis des erreurs grossières dans son devis primitif.
  • Le changement du système des fondations par rapport au projet initial a engendré un surcoût difficilement supportable pour le sculpteur.
  • L’installation de la tuyauterie a nécessité une disposition spéciale qui n’était pas prévue initialement.
  • La main d’oeuvre pénale initialement gratuite a finalement été facturée.
  • Plusieurs actes de vandalisme ont endommagé l’oeuvre non terminée et ont dû être rattrapés par M. Mahoux.

Un courrier de M. Mahoux en date du 23 mars 1894 nous apprend que la pose de la tuyauterie par la municipalité de Nouméa n’a pas encore été réalisée, mais que les travaux peuvent être terminés sous quinze jours si le remblai réalisé autour du socle n’y fait pas obstacle.
Les difficultés s’accumulent du fait de multiples actes de vandalisme.

Le courrier de M. Mahoux en date du 2 octobre 1894 fait état de dégradations journalières sur le chantier de la place Courbet.

Et, finalement, le 18 octobre 1894, le sculpteur, excédé par la situation et se trouvant dans une grande précarité financière, décide d’arrêter les travaux.

Il semblerait que ces derniers aient finalement été achevés en juillet 1895.

 

Quartiers : Centre-ville

Lieu : Place des Cocotiers

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