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Gemmanick, peintre visionnaire, une vie de créations et d’émotions

Culture & loisirs 18 mai / 28 juil

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Une rétrospective de l’oeuvre de Gemmanick est proposée pour mettre à l’honneur cette peintre calédonienne, connue et reconnue dans le monde entier.
En présence de l’artiste, avant son retour à Paris, cette rétrospective permettra aux publics calédoniens de découvrir ou redécouvrir un peintre hors du commun.
 
 
Gemmanick, peintre atypique, fait le lien entre l’art et le patrimoine. Hasard du calendrier ou symbole, comme elle aimerait le dire, cette rétrospective, se glisse entre deux expositions présentées à la maison Higginson, entre « Passions de collectionneurs » et « Hommage aux familles calédoniennes » (en août prochain). Rien n’est hasard pour ce peintre visionnaire, tout est symbole, tout est transmission, « passage de l’invincible au visible ». Alors quoi de plus normal que cette exposition s’ouvre sur cette métaphore. Pour cette artiste, l’art est symbole et le symbole est art.
Cette exposition est la synthèse entre la passion des collectionneurs pour Gemmanick qui sont ici plus de 18 à avoir prêtés leurs acquisitions depuis 1969, et l’hommage à une famille calédonienne, les familles Harbulot et Creugnet.
Exposer l’oeuvre de Gemmanick, c’est exposer non seulement des oeuvres insolites, mais c’est aussi exposer une artiste hors du commun et un patrimoine calédonien.
 
PROGRAMME DE VISITES ET DE RENCONTRES
 
Gemmanick a donc le plaisir de vous recevoir, à la Maison Higginson durant toute la durée de cette exposition, du mercredi au samedi de 14h à 18h pour des rencontres ou des visites guidées.
C’est l’occasion de rencontrer une artiste hors du commun qui fera de ces instants d’échanges, un voyage à travers toute une vie d’émotions et de créations artistiques, avant son retour en métropole.

Rencontres et visites tous les jours
  •  Rencontres et visites tous les jours avec Gemmanick de 14h à 18h
  •  Possibilité de visites en groupe (inscriptions sur place), durant les heures d’ouverture ou sur demande
  •  Visites scolaires sur demandes
     
Artpéritif et causerie-thé
  •  "Artpéritif" avec Gemmanick, le jeudi 7 juin, à partir de 18h30 : «Peintre visionnaire et vie d’émotions»
  •  "Artpéritif" avec Gemmanick, le mercredi 20 juin, à partir de 18h30 : « Peintre du visible et de l’invisible»
  •  "Artpéritif" avec Gemmanick, le vendredi 6 juillet, à partir de 18h30 : «Toiles témoins»
  •  "Artpéritif" avec Gemmanick, le jeudi 12 juillet, à partir de 18h30 : «11 périodes devenues styles»
  •  Causerie-thé avec Gemmanick, le samedi 21 juillet à partir de 16h : rencontres et visites guidées
  •  Causerie-thé avec Gemmanick, le samedi 28 juillet à partir de 16h : rencontres et visites guidées
 

 
55 ANS DE CRÉATIONS TEINTÉES D’ÉMOTIONS EN 70 OEUVRES POUR PARTAGER
Cette rétrospective retrace 55 ans de créations artistiques en 70 oeuvres, mais elle rend aussi hommage à une artiste calédonienne hors du commun, qui a fait de la peinture, une philosophie, celle de l’espoir. « Au fur et à mesure que j’ai peint dans ma vie, j’ai pu découvrir une philosophie de l’espoir que je peux donner à tous à mon tour. ».
Une artiste qui a su donner à son oeuvre une empreinte calédonienne et océanienne : « mes émotions que me donnent mon pays sont des moments d’énergie qui s’impriment sur la toile ».
Gemmanick, peintre également visionnaire, qui a peint l’EURO, avant l’EURO (voir encadré), a fait de ses rêves des oeuvres artistiques pour partager avec son public sa vision du monde, qui encore aujourd’hui fait de l’imaginaire, un moment d’échange.
Pour cette artiste, chaque toile est une évocation d’un rêve, chaque oeuvre est une invitation à partager. C’est pourquoi, avant de quitter la Nouvelle-Calédonie, elle sera présente durant toute cette exposition pour partager cette émotion avec le public et les enfants de différentes classes.
 
 
 
11 PÉRIODES DEVENUES STYLES PICTURAUX
Durant toute sa carrière, Gemmanick en recherche constante, s’est appliquée à s’essayer à de nouvelles couleurs, de nouveaux styles, à prendre de nouvelles directions.
Ainsi l’oeuvre de Gemmanick se divise en 11 périodes qui coïncident avec les principales tranches de sa vie : Paysages de jeunesse, Nuances, Arabesques, Harmonies de bâtons, Tapisseries, Farandole sous la mer, Symboles et mystères, Vibrations, Gemmanisme, Cosmogonie et Quadrellus.
Mais, loin de représenter uniquement une évolution de sa peinture, ces périodes sont devenues des styles picturaux, utilisés encore aujourd’hui par l’artiste. Ainsi, en 2018, Gemmanick peut peindre un Paysage de jeunesse, en y ajoutant les couleurs de la période Vibrations ou peindre un visage au fond de la mer, plein de Symboles et Mystères.
C’est sans doute cela le Gemmanisme, synthèse de toutes les périodes, palette d’une vie intérieure et artistique aussi intense que riche, où le mélange s’entrecroise avec le partage.
Gemmanick prend plaisir à faire des va et vient dans ses différentes périodes pour en retrouver le meilleur : l’âme, son âme et celle des autres.
Il est donc difficile de faire une rétrospective de l’oeuvre de Gemmanick de façon chronologique. Tout comme elle, ses oeuvres sont inclassables. Il faut donc cheminer à travers ces couleurs et ces lignes, en prenant des sentiers battus, des chemins de traverses, puis revenir sur la route principale celle de la création et l’émotion. Il faut juste se laisser guider par ses émotions et "parler à l’âme".
 
50 EXPOSITIONS ET 25 DISTINCTIONS DE LA NOUVELLE-CALEDONIE A L’INTERNATIONAL
La Thébaïde, acrylique sur toile. 92x65Née à Nouméa le 23 mars 1937, Gemma Annick descend d’une famille calédonienne dont les ancêtres irlandais et alsaciens font partie des pionniers de la Nouvelle-Calédonie au XIXe siècle.
C’est aux Nouvelles-Hébrides devenu Vanuatu, au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, que GemmAnick découvre à l’âge de 12 ans, alors qu’elle est pensionnaire d’une institution religieuse, le plaisir de restituer, les paysages qui lui sont familiers.
Lorsqu’elle retrouve sa Nouvelle Calédonie natale, GemmAnick a seize ans et s’est forgée sa propre philosophie de la vie : « C’est pourtant là au coeur de ma douce solitude que j’ai découvert, en me repliant sur moi-même, ce monde parallèle qui est devenu pour moi une réalité et qui me permet de mieux appréhender celui dans lequel je vis ».
Ses oeuvres de jeunesse sont principalement marquées par le réalisme des paysages des lagons et des mines de nickel néo-calédoniennes dans lesquelles elle effectue des analyses de minerais aux côtés de ses parents (Son père, Edmond Harbulot, est administrateur des sociétés minières du groupe Edouard Pentecost) puis de son époux, géologue.
 
En 1963, la mort de son frère Yves provoque en elle un bouleversement qu’elle transpose en véritable frénésie de peinture. Elle connait une période de fécondité exceptionnelle, qui au fil des années ne tarit plus. En 1965, GemmAnick a 28 ans, elle expose pour la première fois au Cintra Club de Nouméa. L’accueil favorable que lui réservent les amateurs d’art et les milieux artistiques l’incite à récidiver l’année suivante à la galerie Bernheim.
En 1969, après un séjour en Australie, GemmAnick est de retour en Nouvelle-Calédonie. Elle expose au centre Culturel de la Fédération des oeuvres laïques qui vient d’ouvrir ses portes. Elle y obtient son premier grand succès avec 102 toiles aux cimaises, qu’elle vend en une quinzaine de jours.
La consécration vient du japon, où elle est invitée, en 1970, à présenter trois tableaux au célèbre salon duNika Kai, à Tokyo, dont le président est le grand maître Seiji Togo, de l’Académie des Beaux-Arts du Japon. Il est immédiatement séduit par la qualité d’inspiration et l’originalité de ses oeuvres.
C’est le début d’une belle aventure au pays du soleil levant pour GemmAnick, qui participe plusieurs fois au salon du Nika Kai, expose à la galerie Nichido sur la Ginza, la plus belle avenue de Tokyo. Ses expositions dans le monde entier, à Nouméa, à Tahiti, Nouvelle Zélande, à San Francisco, à Genève, au Luxembourg, à Barcelone, à Sydney, font de GemmAnick une artiste de rang international.
En 1975, elle décide de quitter le Pacifique pour s’installer avec ses deux enfants à Paris. Elle y réalise une exposition à la galerie Vendôme, rue de la Paix, où David de Rothschild acquiert une de ses oeuvres. C’est aussi la rencontre avec les maîtres lissiers d’Aubusson et la tombée de métier d’une tapisserie de cinq mètres carrés qu’elle intitule « Carnaval sous la mer », réalisée en hommage au professeur René Catala, biologiste et fondateur de l’Aquarium de Nouméa. Cette tapisserie fera l’objet de l’émission d’un titre de l’Outre-Mer le 17 juin 1978. Dans les années 1980, GemmAnick expose dans plusieurs pays européens : en France, mais aussi en Belgique, en Suisse, au Luxembourg et en Allemagne. En 1987, invitée à participer au 3e prix international de peinture et sculpture organisé à Strasbourg sur le thème de l'Europe, GemmAnick réalise et expose une toile intitulée La Conscience de l'Europe. Cette toile, dans laquelle elle représente la monnaie unique de l'Europe, qu'elle baptise EURO pour « Europe Unie Réalisée dans l'Ouverture », lui vaudra d'être citée quatorze ans plus tard comme la peintre qui a « peint l'euro avant l'euro » par le journaliste Jean-Yves Boulic. Les années 1990 sont marquées par une exposition au Brésil, à Sao Paulo et la parution en 1993 de son livre d'art Empreinte océanienne retraçant trente ans de carrière, célébrés dans le cadre d'une exposition anniversaire à l'Espace Saint Martin, à Paris de 1995 à 1996.
Durant les années 2000, GemmAnick expose principalement en France et en Nouvelle-Calédonie où elle présente, en 2012, une nouvelle collection. Synthèse de son parcours pictural exprimée à travers les formes du carré et de la courbe, cette nouvelle inspiration est baptisée Quadrellus.
 
L’EURO AVANT L’EURO

En 1987, invitée à participer à un Salon sur le thème de l’Europe, organisé à Strasbourg, Gemmanick, peint une toile étonnante et insolite : La Conscience de l’Europe. Elle y représente des pièces et des billets de banque frappés du nom de l’EURO, 12 étoiles et un soleil.
Le jury du salon, réuni par l’association Promotion des Arts en collaboration avec la fondation Paul Ricard, exprime alors sa surprise devant cette oeuvre singulière. En effet, le mot "euro" n’existe pas encore et l’ECU est encore loin d’être remis en cause. Ce n’est qu’en 1992 que le Traité de Maastricht crée l’EURO qui sera mis en circulation en 2002. L’oeuvre, peut-être trop avant-gardiste ou trop visionnaire ne rencontre alors pas son public.
C’est à l’approche du passage à l’EURO, que La Conscience de l’Europe questionne à nouveau. Répondant au journaliste de Ouest-France, Jean-Yves Boulic, Gemmanick précise que le mot EURO pour elle signifie Europe Unie Réalisée dans l’Ouverture et qu’elle a peint ce tableau après une "vision, naît d’une inspiration émanant des couloirs de l’imaginaire".
Ce tableau est important dans l’oeuvre de Gemmanick : il symbolise à la fois la manière de peindre de l’artiste, faite de visions, d’imaginaires, de symbolismes, mais aussi faite de partages et de transmissions.
Poursuivant cette envie de transmettre et de partager, Gemmanick, pour cette Rétrospective, a souhaité reproduire, La Conscience de l’Europe pour faire partager cette histoire insolite. Elle a intitulé ce nouveau tableau L’EURO, qui sera offert à la Maire de Nouméa et viendra compléter le Fonds d’Art de la Ville.
 
INFOS PRATIQUES

Maison Higginson. 5-7, rue de Sébastopol, Centre-ville.
Entrée libre et gratuite.
Ouvert du mercredi au vendredi de 12h à 18h et le samedi de 14h à 18h.
L’artiste sera présente durant l’exposition. Des moments d’échanges sont prévus avec le public et les classes. 

Quartiers : Centre-ville

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