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Exposition Nouméa 1900

Culture & loisirs 16 septembre 2014 / 31 décembre 2015

Alors que Nouméa commémore les 160 ans de sa fondation cette année, le musée de la Ville propose depuis le 16 septembre 2014, « Nouméa 1900 », une exposition consacrée à l’histoire de la ville et de la Nouvelle-Calédonie au cours de la période 1890-1910.

L’exposition

Dans une atmosphère des années 1900, mettant en valeur l’architecture du bâtiment de l’ancienne mairie, l’exposition, organisée en 8 thématiques, présente des centaines de documents d’archives et quelques 200 objets. Elle est également animée par des bornes multimédia et des films d’archives. Chaque espace contient des textes d’introduction et de nombreux visuels.

 1. La politique de colonisation libre du gouverneur Feillet en poste En fonction de 1894 à 1904, Paul Feillet a apporté un nouveau souffle au peuplement de la colonie en mettant fin à l’envoi de condamnés afin de favoriser la colonisation libre et de développer la culture du café. Cet espace reconstitue le bureau du gouverneur Feillet avec notamment une table provenant du château Hagen, un miroir 1900 (don Veyret), une carte de France extraite du Petit illustré 1900 (don Boulay), la première presse d’imprimerie de Nouvelle-Calédonie (don SEHNC), des objets en bois, des nautiles gravés et des figurine en terre cuite réalisés par des condamnés au bagne (fonds Kakou).
 2. La lutte de pouvoir entre missionnaires et Francs-maçons Alors qu’en France, la séparation entre l’Eglise et l’Etat bat son plein, en Nouvelle-Calédonie, ce combat pour la laïcité passe essentiellement par l’action, plus ou moins occulte, de la loge maçonnique fondée en 1868. Elle prône la laïcisation de l’enseignement primaire jusqu’alors quasimonopole des missionnaires protestants et catholiques et elle soutient la politique de colonisation libre. Cet espace contient entre-autre la bannière de la fraternelle et le portrait de son créateur, Eugène Porcheron (don Porcheron), le livret et l’affiche de la société amicale des anciens élèves de l’école communale de Nouméa – 1898 (don Jorda), un certificat d’étude des 1907 et ses bons points (don Lhuillier), la carte Metzger (coll. Brun), ainsi que des habits de cérémonie de prêtre (don Archevêché), une sellette sculptée par les déportés (fonds Bachet), un nécessaire de première communiante (don des Soeurs de Saint Joseph-de-Cluny). Des vitrines retracent les rites et les traditions en 1900 des grandes étapes de la vie (naissance, âge de raison, mariage, mort) dans les différentes communautés de Nouvelle-Calédonie.
 3. La mine et le café, piliers de l’économie L’exploitation du nickel constitue un des principaux piliers des exportations calédoniennes au tournant du 20e siècle. La fermeture du bagne met fin aux « contrats de chair humaine » entrainant la faillite de nombreux petits mineurs. Avec la remontée des cours du nickel, en 1910, l’économie repart et la Société des Hauts Fourneaux, filiale de Ballande, inaugure l’usine de Doniambo suivie par celle de Thio en 1012. Aux côtés de l’élevage et de la mine, les autorités souhaitent développer l’agriculture et pour attirer les colons, elles leur font miroiter celle du café dont les cours affichent une forte hausse entre 1893 et 1896. Les difficultés du travail de la terre, l’apparition de maladies et la baisse des cours ruinent tous leurs espoirs. 
 4. Les désillusions de l’eldorado calédonien La propagande en France porte ses fruits. De nombreux colons viennent tenter l’aventure coloniale, mais face aux difficultés rencontrées : terrains incultes, peu de moyens, vie difficile, cours du café qui s’effondrent, beaucoup de colons se replient à Nouméa ou partent s’installer aux Nouvelles-Hébrides, ou rentrent en France. Sur les quelques 700 familles installées sur des concessions entre 1895 et 1902, seule la moitié y est encore en 1912. Seront présentés dans cet espace une carte du monde du Petit journal de 1900 (fonds Grézard), un appareil photographique 1900 ainsi que des objets du quotidien emportés par les colons… Une borne multimédia présente en outre les colons dits « Feillet ».
 5. Les migrations asiatiques et la dure condition des coolies Les premiers travailleurs tonkinois ou vietnamiens arrivent Dès 1891 suivis un an plus tard de Japonais, venus travailler à Thio dans les mines de la SLN. Le premier convoi de Javanais engagés pour travailler dans les caféries arrive en 1896. La thématique de la vie à Nouméa et des migrations sera illustrée par un montage de cartes postales anciennes
 6. Nouméa, petite France du Pacifique Les premières limites de la ville de Port-de-France, fixées en 1856, englobent le centre-ville, les deux vallées du Tir, celle du Génie et l’Orphelinat. Le développement des faubourgs entraîne en 1894 une extension des limites. Ainsi en 1900, on dénombre 103 rues pour près de 900 aujourd’hui. L’exposition présente la maquette du Nouméa en 1897, des outils de construction des années 1900, ainsi qu’une reconstitution d’un intérieur de maison. Dans la chambre à coucher, on pourra découvrir un piano d’époque (don Hagen), le matériel de peinture et des tableaux du colon Paul Jeannin (don Brun), un tambourin et une mandoline (don Vautrin), un lit 1900 (don Cornet), un vase art nouveau (fonds Bachet), une robe conçue à Nouméa en 1897 (don Brun), un berceau 1900 (don Défaut), de la layette 1900 (don Lemesle), une horloge Napoléon III (don Tranchand), un broc et une cuvette de toilette (fonds Viale), le service offert à M. et Mme Meyer lors de leur mariage en 1900 (don Meyer)
 7. La vie en tribu À partir de 1894, le projet de colonisation libre du gouverneur Feillet nécessite 47 000 hectares de terres destinées à la culture du café, dont 8 000 pris sur le domaine de l’administration pénitentiaire et 12 000 sur les réserves indigènes. Aussi en 1897, l’Administration engage-t-elle la cession des terres indigènes et le cantonnement des populations « canaques ». Parallèlement à la reconfiguration de cet espace, un nouveau système d’administration des tribus est mis en place, avec notamment la nomination de chefs agréés ou nommés par le gouverneur et d’infractions spécifiques aux indigènes. Cet espace regroupe ainsi la carte Laporte (1903) délimitant les réserves (collection du service des archives de Nouvelle-Calédonie), ainsi que des nacres gravées par des condamnés au bagne présentant la vie en tribu, fonds Kakou…
 8. La peste et la lèpre La fin du 19e siècle est marquée par les premiers cas de peste venue d’Inde. Nouméa devra faire face à trois grandes épidémies de peste. Quant à la lèpre, elle fait également des ravages sur l’ensemble de l’île. Plusieurs léproseries ouvrent leurs portes à l’île aux Chèvres (1889), aux Bélep (1892) et à Ducos (1912). Le public pourra découvrir les diplômes du docteur Le Scour, mais aussi le chronomètre et le livre de signatures qui lui furent remis par les Calédoniens lors de sa retraite (don Ollivaud).

Infos pratiques

  • Exposition au musée de la Ville de Nouméa – Place des Cocotiers - Tél. 26 28 05
  • Ouvert de 9h à 17h en continu du lundi au vendredi et le samedi de 9h à 13h et de 14h à 17h.
  • Tarifs :
    Adulte : 200 F
    Etudiant et senior : 100 F
    Enfant de 12 à 18 ans : 50 F
    Gratuit pour les enfants de moins de 12 ans et les personnes en situation de handicap.
  • Audioguide gratuit disponible à l’entrée, présentant la visite guidée de l’exposition en français et en anglais.

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Quartiers : Centre-ville

Lieu : Musée de la Ville

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