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Nouméa des Booms

Culture & loisirs 6 novembre 2019 - 09h00

Le musée de la ville de Nouméa propose à partir du 6 novembre, une nouvelle exposition semi-permanente qui retrace les moments forts de l’histoire de Nouméa entre 1945 et 1975. Une période fondatrice et mouvementée, entre boom économique, essor démographique et évolutions sociales … Le vernissage aura lieu le mardi 5 novembre à 18h30.

Au contact des GI’s stationnés dans la colonie durant la guerre du Pacifique, la population calédonienne découvre bien des innovations techniques et culturelles. Devenue Territoire d’outre-mer au sortir du conflit, la Nouvelle-Calédonie poursuit son ouverture et devient un immense chantier, particulièrement visible à Nouméa qui connaît un essor spatial considérable. 

Chacun jouit à présent du droit de circuler et de s’installer où bon lui semble : les migrations internes et externes transforment durablement les équilibres géographiques et ethniques. Une nouvelle conscience politique autour d’un apprentissage de la vie citoyenne s’instaure progressivement tandis qu’une autonomie est octroyée par Paris.


Des évolutions sociales et éducatives voient le jour et les syndicats sensibilisent le monde du travail à la protection des salariés, un débat essentiel en période de plein emploi. L’essor démographique est aussi la réponse au boom économique généré par la prospérité des Trente Glorieuses. La Nouvelle-Calédonie devient le troisième producteur mondial de nickel, mais cette euphorie sera de courte durée. Au lendemain du boom, les inégalités se creusent tandis que les orientations prises dans l’exercice de l’autonomie vont diviser la population.


Ces années fondatrices et mouvementées, qui couvrent la période de 1945 à 1975, sont relatées par des objets, des archives et des films mis en situation et commentés grâce aux analyses de six experts et de nombreux témoignages. Si un musée a le merveilleux pouvoir de remonter le temps et de décrypter l’histoire, il accompagne aussi le débat sociétal. Un fabuleux bond dans la seconde partie du 20e siècle, à l’époque où l’expression urbanistique, économique, sociale, idéologique de la société prennent les couleurs d’une société multiculturelle.

 

Le vernissage aura lieu le mardi 5 novembre à 18h30.

 « En 1939, la Nouvelle-Calédonie entre dans un conflit qui va transformer son destin de colonie en territoire d’outre-mer en 1946. En 1969, trente ans plus tard, un Mai 68 fleurit sur le Caillou, prônant une liberté d’agir et de penser qui bouleverse l’ordre établi. En cette année 2019, nous vous proposons un retour sur les Trente Glorieuses (1945-1975) qui, en Nouvelle-Calédonie comme dans bien des pays, est une ère de profonds changements. L’ensemble de la population de l’archipel accède à la citoyenneté et prend place dans l’arène politique. Celle-ci vit alors les prémices d’une autonomie avec son lot d’espoirs et de revendications. C’est en effet une période d’euphorie dans le secteur économique avec les booms miniers et les avancées sociales dont nous bénéficions encore aujourd’hui. Un brassage intense des populations s’effectue entre migrations internes, avec l’exode de la Brousse, et externes, avec les départs des communautés asiatiques et l’arrivée de Polynésiens et d’Européens pour répondre au besoin de main d’œuvre. La Nouvelle-Calédonie contemporaine devient urbaine et multiculturelle. Le paysage spatial, politique, social et culturel se métamorphose totalement. Ce catalogue, tout comme l’exposition qu’il accompagnera au musée de la Ville, vous permettra de retrouver des souvenirs des années 1945 à 1975 au gré d’articles d’experts, d’objets, de photographies et d’archives. Certains y associeront la nostalgie d’une jeunesse insouciante, d’autres, la fougue d’un combat pour l’égalité, et pour les plus jeunes, la découverte d’une Nouvelle-Calédonie en pleine ébullition. »

 

Sonia Lagarde, maire de Nouméa 

UN PARCOURS MUSÉOGRAPHIQUE FAIT DE PLUSIEURS APPROCHES

UNE REMISE EN CONTEXTE du design et du graphisme des Trente Glorieuses avec ses rondeurs qui évoquent les bulles de fraîcheur qu’ont apporté ces années d’espérance, avec leurs couleurs acidulées rappelant la jeunesse insouciante, mais aussi avec la géométrie audacieuse de celles et ceux qui voulaient aller de l’avant et révolutionner l’ordre établi. Ainsi dans le musée, les couleurs vives se sont substitués aux ors des années 1900 mais les papiers peints aux formes géométriques s’harmonisent cependant aux fenêtres en œil de bœuf d’un bâtiment du XIXe siècle.

UN DISCOURS HISTORIQUE ET SOCIOLOGIQUE avec les écrits des six experts (géographes, historiens…) qui ont apporté leur concours à la réalisation du catalogue. Quelques extraits de leurs articles structurent le parcours muséographique aux côtés de nombreux objets et documents.

UNE VISION MÉMORIELLE grâce aux nombreux témoignages, photographies, collections, bornes mais aussi des films conçus en partenariat avec NC la 1ère.

DES ESPACES LUDIQUES avec des jeux : échec, puzzles, 7 erreurs, conception de maquette.

DES SUPPORTS DE VISITE POUR TOUS LES GOÛTS : textes et films en français et anglais, audioguides en français, anglais et japonais, vidéo-guide en langue des signes pour les sourds et malentendants.

UN ESPACE INTERACTIF pour que le visiteur puisse partager ses souvenirs et immortaliser savisite par des « selfies ».

 

« NOUMÉA DES BOOMS » : SUIVEZ LE GUIDE !

L’exposition se décline en six espaces à parcourir sur les deux niveaux du musée de la ville, ainsi que sous la véranda et dans le jardin.


AU REZ-DE-CHAUSSÉE

Espace 1 – Boom démocratique, une ville qui s’émancipe
À compter de 1946, la Nouvelle-Calédonie prend un nouvel essor. De colonie, elle devient Territoire d’outre-mer où tout ressortissant est à présent citoyen français. Chacun accède progressivement au droit de vote et à l’entrée dans l’arène politique sur une base démocratique.

 

 

Espace 2 – Boom économique, une ville euphorique 
Au lendemain de la guerre, l’État apporte une aide considérable pour permettre aux pouvoirs publics calédoniens d’impulser un vaste programme d’aménagement du Territoire, de développer l’économie et d’accompagner un rééquilibrage en faveur de la brousse.
Dans le même temps, avec l’aide des syndicats, est mis en forme un statut des salariés et sont instaurées de nombreuses avancées sociales. Le grand choc économique se poursuit avec le boom du nickel.

À L’ÉTAGE DU MUSÉE

Espace 3 – Du baby-boom à une ville plurielle
Depuis le début du XXe siècle, dans un archipel majoritairement rural, la population nouméenne plafonne à environ 11 000 habitants. La présence des populations kanak et asiatiques y est relativement marginale. Mais avec la fin de l’indigénat et du travail sous contrat, le chef-lieu voit successivement arriver des gens de brousse, européens, kanak ou asiatiques, à la recherche d’un emploi.
Tandis que certains comme les javanais et les vietnamiens retournent dans leur pays devenu indépendant, des travailleurs européens et polynésiens débarquent lors de la flambée des cours du nickel. La population nouméenne se diversifie, façonnant durablement l’identité plurielle de la ville comme celle de certains centres de brousse.

Espace 4 – Boom culturel et sportif, une ville hédoniste
Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la société calédonienne apparaît profondément renouvelée, tant au plan culturel que sportif. La France ne constitue plus la seule référence car la présence alliée durant la guerre du Pacifique a généré chez les Calédoniens un grand intérêt pour tout ce qui vient d’Amérique.
À travers son armée, ils ont pu entrevoir une société moderne, offrant bien des opportunités en matière de consommation et de loisirs. La jeunesse, valorisée par cette période de prospérité et désormais cible commerciale de choix, remet en question les valeurs des générations précédentes et de la société occidentale qui avaient triomphé jusque-là.

Espace 5 – Essor spatial, une ville en chantier
Bien que n’ayant pas été le théâtre de batailles pendant la Seconde Guerre mondiale, Nouméa se construit et se reconstruit au lendemain du conflit.
La Nouvelle-Calédonie initie également une réflexion, dans les années 1960, sur l’évolution du Territoire : tous les efforts de développement doivent-ils se concentrer sur le chef-lieu et ses environs immédiats ou faut-il créer plusieurs pôles de croissance qui seraient de nature à assurer un certain équilibre entre les différentes régions ?

DANS LE JARDIN

Espace 6 – Architecture moderne de Nouméa
Sous la véranda et dans le jardin du musée les panneaux de l’exposition Cœur de béton, proposée en 2009 par la ville et les architectes Laurent Limoge et Sophie Purnama, offrent un regard sur l’architecture moderne qui s’implanta à Nouméa dans les années 1950-1975.

UN TRAVAIL TRANSGÉNÉRATIONNEL DANS UNE DÉMARCHE ENVIRONNEMENTALE

Cette exposition préparée durant deux ans met en valeur les collections encore non présentées du musée ainsi que ses archives, et notamment la collection du magazine Sud Pacific offerte par son directeur Michel Gérard, disparu en début d’année.

Le musée de la ville a eu aussi recours au service des archives de la Ville, à celui de la Nouvelle-Calédonie, et au Cercle des Musées de la ville qui a initié des interviews sur la période, menées lors des thés Patrimoine.  À ces mémoires se sont ajoutées les interviews de Philippe Boisserand et les écrits de six experts pour la conception d’un catalogue.

L’exposition a été réalisée par l’équipe du musée largement épaulée par des lycéens et leur professeur. Il est différentes façons de transmettre le patrimoine et l’Histoire : soit par des animations et des visites guidées, celles-ci seront proposées lors de l’ouverture de l’exposition, soit par la participation à l’élaboration de l’exposition. C’est à ce challenge que les lycées Pétro Attiti et Jean XXIII ont relevé.

Pour le Lycée Attiti, plusieurs sections ont participé. À partir des plans de la muséographie, les 1ères années du BTS Études et Réalisation d'Agencement (ERA) ont encadré le projet : calculé les besoins en matériau, dessiné les plans pour la conception des vitrines, suivi le chantier d'installation du mobilier muséographique. Une contrainte - qu’ils ont vivement apprécié - a été de réutiliser au maximum le matériel du musée (bois et vitres des anciennes expositions) afin de concevoir les espaces avec un souci de recyclage des ressources et matières premières à disposition.

À cela est venu s’ajouter le choix d’une peinture biologique bénéficiant de l’Ecolabel Hygiène Santé Environnement (HSE) qui intègre des critères respectueux de l’environnement. Le chantier de peinture a ainsi été entièrement réalisé par les élèves de première année de CAP peinture, chantier exigeant dans un bâtiment ancien où aucun angle n’est réellement droit. Les élèves ont relevé le défi d’un travail de peinture minutieux aux nombreuses couleurs au sein d’un établissement recevant du public (certaines salles du musée étaient ouvertes aux visiteurs) exigeant donc propreté, silence, respect des lieux.
Enfin les élèves de Bac Pro ERA et CAP Constructeur Bois ont réalisé les vitrines et le mobilier de l’exposition. 

Par ailleurs, pour marquer l’évolution de la mode, la classe de couture du Lycée Jean XXII a confectionné des costumes pour habiller 21 Barbie, poupée phare de ces années 1960. Travail de texture des tissus, réalisation en modèle réduit et coiffure si éloquente d’une époque.

 


INFORMATIONS PRATIQUES

EXPOSITION PERMANENTE, À PARTIR DU 6 NOVEMBRE 2019

39, rue Jean-Jaurès (place des Cocotiers)
Tél : 26 28 05
Ouvert de 9h à 17h, en continu du lundi au vendredi et le samedi de 9h à 13h et de 14h à 17h.

 

TARIFS

Adulte : 300 F
Étudiant et senior : 100 F
Moins de 18 ans et personnes en situation de handicap : gratuit
 

CATALOGUE DE L’EXPOSITION

Un catalogue est en vente, écrit grâce au concours de six experts (Dorothée Dussy, Olivier Fandos, Olivier Houdan, Pierre-Christophe Pantz, Anne Pitoiset et Christiane Terrier). Il présente plus de 750  illustrations et de nombreux témoignages.
234 pages - 3 500F

 

CONCEPTION ET RÉALISATION DE L’EXPOSITION

Muséographie : Véronique Defrance, Philipe Boisserand, Yves Jacquier, Anny Levanqué et Marine Linder.
Montage de l’exposition : Myriel Petit, Bruno Miloud, Tovia Kavauvea, Jeanne Lefevre, Elisabeth Claudey, Céline Favre.
Jean-Christophe Ponthus et ses élèves de BTS ERA (Lycée Attiti).
Axelle Besson et ses élèves de CAP peintre applicateur de revêtement (Lycée Attiti).
Benjamin et ses élèves en Bac Pro ERA et CAP Constructeur Bois (Lycée Attiti).
France Régnier et sa classe de CAP couture (Lycée Jean XXIII).
Vidéo :  NC 1ère (Les chemins de l’histoire d’Antoine Letenneur et Joakim Arlaud) et Linda Atoua
Traduction : Philipe Boisserand.
PAO : Ylang Ylang.
Impression : Copygraph.

MERCI à Max Shekleton, Louis-Georges Viale, Pascal Escario et Guillaume Soulard pour leur aide et leurs prêts.

 

Quartiers : Centre-ville

Lieu : Musée de la Ville

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