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Rétrospective Henri CROCQ

Culture & loisirs 22 février 2019 - 12h00 / 29 mai 2019 - 18h00

La Ville de Nouméa organise une rétrospective de l’oeuvre de l’artiste du Pacifique Henri Crocq. Il a peint l’Océanie durant plus de soixante ans en menant une quête artistique vers la liberté d’expression, de toutes les expressions.
 
Cette exposition se déroule à la Maison Higginson, du vendredi 22 février au mercredi 29 mai, avec des animations illustrant son parcours. Elle accompagne la parution du livre.
 
RÉTROSPECTIVE D’UN PEINTRE VOYAGEUR EN CONSTANTE EXPLORATION
Grâce au travail de Dominique Deberge, qui lui a consacré un livre (Paysages intérieurs), cette exposition nous fait découvrir le parcours artistique d’Henri Crocq et son évolution picturale.
Il a voyagé à la fois géographiquement, mais aussi artistiquement. Il est passé du figuratif à l’abstraction, de la Nouvelle-Calédonie au Lubéron.
 
Au fil de ses pérégrinations, en Nouvelle-Calédonie, en Amérique latine, en Polynésie, il a essayé toutes les techniques, tous les supports et varié les styles de peinture pour arriver à l’abstraction ou plus exactement à l’abstractisation et à la liberté. C’est un peintre « libre » qui ne s’est pas enfermé dans des carcans artistiques ni commerciaux, d’où l’importance dans son oeuvre de ses toiles dites libres (sans cadre), puisant leur force dans leur perpétuel mouvement. Pour Henri Crocq : « sans liberté, pas d’amour, pas d’art ».

 

Cette exposition et des animations retracent ses parcours de vie :
  •  La Nouvelle-Calédonie, de 1957 à 1970, avec une peinture figurative faite de portraits et de paysages.
  •  L’Amérique Latine, de 1970-1980 avec une peinture sur grands formats et l’abstraction.
  •  Tahiti, de 1980-1988, où il retrouve avec plaisir l’Océanie et mêle le figuratif et l’abstraction, avec de nouvelles techniques.
  •  La France (le Lubéron) où il vit depuis 1988, avec la synthèse de tous les styles.
 
Cette exposition comprend :
  •  120 oeuvres représentant toutes ces périodes et tous les styles ;
  •  Des panneaux explicatifs : biographie, périodes, styles et techniques de peinture et des écrits et réflexions d’Henri Crocq ;
  •  Des vitrines avec des croquis, des écrits d’Henri Crocq et des documents ;
  •  Un film interview du peintre.

 

CALENDRIER DES ANIMATIONS
Ces animations avec le concours de Dominique Deberge, et de certains des amis d’Henri Crocq, comme Robert Casola, permettront de découvrir les parcours artistiques et géographiques de l’artiste autour de trois thèmes : Nouvelle-Calédonie, Amérique latine et Tahiti.
 
Trois soirées poésie, musique et peinture à 18h :
  •  Jeudi 28 février avec Imassango et Mathieu Monneret
  •  Jeudi 28 mars avec Imassango et Mathieu Monneret et une démonstration d’aquarelle
  •  Jeudi 25 avril : soirée poésie, musique et peinture à 18h avec Imasango et Mathieu Monneret
Trois soirées Causerie à 18h :
  •  Jeudi 7 mars à 18h : Henri Crocq ?, avec Dominique Deberge et Robert Casola
  •  Jeudi 4 avril à 18h : Du figuratif au non figuratif, avec Dominique Deberge
  •  Jeudi 9 mai à 18h : Causerie L’abstraction lyrique, un style accompli, Dominique Deberge
    Cette rencontre est traduite en langues des signes pour le public sourd et malentendant.
Trois après-midis à la Maison Higginson de 14h à 18h :
  • Samedi 16 mars : la période en Nouvelle-Calédonie, le figuratif et l’aquarelle
    Ateliers enfants (le portrait) et adultes (le paysage et l’aquarelle), ambiance musicale avec le groupe INU, coin lecture (ouvrages concernant les thèmes évoqués) et rencontre avec Dominique Deberge.
     
  • Samedi 13 avril : la période en Amérique Latine, l’abstraction
    Atelier enfants (l’abstraction) et adultes (les grands formats et l’abstraction), ambiance musicale avec Stéphane Fernandez et Gustavo autour de la musique d’Amérique latine, coin lecture (ouvrages concernant les thèmes) et rencontre avec Dominique Deberge.
     
  • Samedi 25 mai de 14h à 18h : Un après-midi à la Maison Higginson La période Tahiti, toiles libres et monotypes
    Atelier enfants (le papier froissé ou la toile froissée) et adultes (les monotypes –estampes-), ambiance musicale avec le groupe Hoahere, coin lecture (ouvrages concernant les thèmes) et rencontre avec Dominique Deberge.

Le service Médiation Culturelle organise également des visites scolaires tout au long de l’exposition.

- Mercredi 20 mars à 17h : Une visite en Langues des signes
 
- Des visites scolaires
 
 
BIOGRAPHIE ET CHEMIN ARTISTIQUE
Henri Crocq un peintre libre, un besoin vital.
Né à Levallois-Perret en 1925, Henri Crocq grandit en Bretagne, d’où son père est originaire. Dès sa prime jeunesse, à cinq ans, il dessine, peint, exécute des portraits. Pourtant, malgré cette passion, il ne choisit pas la voie des études artistiques. Il est auditeur libre des cours d’art à Rennes, mais poursuit des études littéraires qui le mènent au professorat. Henri Crocq précise que, autodidacte, il s’est toujours refusé à devenir un « professionnel » de la peinture. Quelles qu’aient été les étapes de son travail, de son inspiration, de ses gestes d’artiste, il a toujours, et c’est encore le cas aujourd’hui, fermement tenu à peindre pour le plaisir et par besoin vital et viscéral. Pour lui peindre, c’est « exprimer ce qui n’est pas dans l’aspect des choses. Il faut l’exprimer coûte que coûte, rêver en traversant un univers intérieur et inviter au rêve. Le bonheur est l’accès de la réalité au rêve. »
Observateur, sensible, curieux, sa vie est liée à la création, il est comme possédé par elle. Aujourd’hui, à plus de 90 ans, dans le Lubéron, seul le froid d’un atelier non chauffé pondère ses élans… L’art : un besoin vital, une quête, que rien ne soulage. Point de trêve dans ses recherches, il avance, il trébuche, il repart, prend de nouveaux chemins. Authentique créateur contemporain dès ses premiers pas, il veut se frotter à ses pairs pour s’enrichir encore et encore, ou se perdre parfois. Il côtoie Soulages, se lie d’amitié avec Tatin d’Avesnières, Michon, Fay, Michoutouckine. Dans le cadre de l’Atelier des tropiques du musée Gauguin de Tahiti, il rencontre Yankel, Wirbel, Saint-Front, Hudertwasser, Kijno, etc.
 
Henri Crocq, peintre du Pacifique
De l’exploration géographique à l’exploration artistique
En 1957, Crocq découvre le Pacifique. Professeur de lettres au lycée technique de Nouméa, il consacre son temps libre à la fois à l’exploration de cette terre, mais aussi à l’exploration de son art. La lumière et les couleurs l’enchantent. Ses oeuvres calédoniennes sont tout d’abord inspirées par les paysages et les gens qu’il rencontre lors de ses nombreuses pérégrinations en brousse et dans le Sud. Il fait de nombreuses aquarelles et croquis représentant des paysages et des portraits. Ses toiles dépeignent alors l’exaltation qu’il éprouve à la découverte de cette terre nouvelle : paysages, végétation, plus particulièrement celle du Sud calédonien, chênes gomme, flore colorée, puissante. Pour lui, "l’âme d’un pays qu’on a regardé sincèrement répond un jour a` votre approche. C’est le commencement de ce que l’on appelle : comprendre".
 
C’est le début de son exploration artistique fortement liée à la découverte de la Nouvelle-Calédonie, qui reste pour lui un souvenir intarissable. Il aime cette terre et aujourd’hui encore il s’inspire de ses nombreuses images de brousse et du sud calédonien. Les sentiers artistiques de son âme sont liés à ceux de la Nouvelle-Calédonie. C’est aussi là qu’il découvre au bout de ses pinceaux l’abstraction et la liberté, qu’il créé l’abstractisation*. Il se défait des détails pour que l’essentiel demeure, le rythme et la composition. Il n’hésite d’ailleurs pas à présenter lors des expositions à Nouméa, des oeuvres qui ne sont pas entièrement achevées, car elles montrent le sens de ses recherches picturales.
Si son art se fait plus synthétique, moins soucieux du détail, il n’abandonne pas pour autant les paysages calédoniens qu’il aime tant et qui le suivront durant tout son parcours artistique. Tout comme d’ailleurs ses amis peintres rencontrés en Nouvelle-Calédonie comme Robert Tatin d’Avesnières, Franck Fay…
 
Le passage à l’abstraction a permis à Henri Crocq d’être aussi le « peintre aux grands formats » et à la toile libre. Influencé par l’art populaire des peintres d’Amérique latine qui s’exprime par de larges panneaux muraux dans les rues du Brésil et de l’Argentine, Henri Crocq, s’oriente vers les grandes réalisations murales avec un intérêt nettement décoratif. A` Tahiti, ses tableaux en toile libre, de grandes dimensions, inspirés par les tapas polynésiens, lui donnent une satisfaction d’ordre gestuel. Le fait de peindre ses toiles à terre lui donne une impression de liberté et une rythmique qu’il ne peut avoir sur chevalet. Ce nouveau support et la dimension des toiles allant de 4 m2 a` 68 m2conditionnent sa technique de composition et d’application des couleurs, sa palette change, les gris et les noirs apparaissent, les couleurs sont franches, le rouge, le jaune subliment le noir. Comme il le souligne : « Le noir est aussi une couleur que je me dois de marier avec une couleur primaire forte. Un rouge a` côté d’un aplat noir se met à vibrer, c’est magique ».
A` Tahiti, il réalise en 1986 la plus grande toile jamais réalisée en Polynésie. L’oeuvre (6,5 m de haut et 10,5 m de large) sert de rideau de scène a` l’Office territorial de l’action culturelle, l’OTAC. Pour réaliser ce tableau de 68m2, Henri Crocq a dû inventer un système d’enroulement de la toile, mais l’exploit réside dans le temps de réalisation, puisqu’il n’a fallu qu’un mois et demi de travail pour peindre cette toile. Lors des Vespérales au domaine Souviou dans le Var, en 1997, Henri Crocq peint d’immenses rouleaux de tissu, décorant soixante mètres de cimaise, en accompagnant les mouvements de la musique.
 
Autre caractéristique artistique d’Henri Crocq, les monotypes. Il s’inspire de cette technique pratiquée par Gauguin, mais aussi par Picasso, Degas, Toulouse-Lautrec, Klee, Miro´ qui est un procédé d’impression sans gravure (en estampe) et qui produit un tirage unique. Henri Crocq a réalisé peu de monotypes, chaque réalisation ne donnant qu’un seul exemplaire. Les sujets de ces monotypes sont essentiellement des portraits de femmes et hommes tahitiens et mélanésiens. On peut aussi en découvrir lors de cette exposition.

 

INFORMATIONS PRATIQUES

Dates : Du 22 février au 29 mai 2019
             Du mercredi au vendredi de 12h à 18h
             Et le samedi de 14h à 18h
Lieu : Maison Higginson, 7 rue Sébastopol

Entrée libre et gratuite

 

Quartiers : Centre-ville

Lieu : Maison Higginson

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