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La presqu'île de Ducos : d'hier à aujourd’hui… 

Cette presqu’île située au nord-ouest de Nouméa regroupe sept quartiers qui concentrent, outre l’essentiel de l’activité industrielle de Nouméa et de la Nouvelle-Calédonie, plus de 8 000 habitants. Il s’agit des quartiers deDucos, Ducos industriel, Logicoop, Kaméré, Koumourou, Numbo et Tindu.

Au-delà de leur aspect urbain relativement récent, certains d’entre eux incarnent l’histoire d’une époque désormais lointaine et révolue, celle de la déportation, mais aussi celle où Nouméa installait des batteries de canon pour protéger ses côtes. Quelques vestiges en témoignent encore, comme le petit cimetière des surveillants niché au fond de la baie de Numbo.

La plupart de ces quartiers sont en pleine expansion comme Kaméré où s’est développée une nouvelle zone d’aménagement concertée (ZAC). D’autres, plus anciens, comme Tindu, ont fait l’objet de programme sociaux et d’actions de réhabilitation de l’habitat dans le cadre du Développement social des quartiers (DSQ), des contrats de ville successifs, puis désormais du contrat d’agglomération Etat-Province auquel sont associées les 4 communes de l’agglomération dont  la commune de Nouméa.

Leur population se caractérise par son importante proportion de jeunes et par son pluriethnisme, à l’image de la Nouvelle-Calédonie d’aujourd’hui.

Un peu d’histoire… 

La presqu’île de Ducos a été dénommée ainsi par Tardy de Montravel en 1854. Elle est desservie par la route provinciale Normandie N°E.1. au niveau de la rue de Papeete, de la rue Fernand Forest, qui se prolonge par la route de la baie des Dames jusqu’à Koumourou, et de la rue Ampère.

Aux débuts de la présence européenne, cette presqu’île n’est rattachée à la Grande Terre que par une bande de sable à fleur d’eau. Son isolement, dû au fait qu’il fallait contourner une vaste zone marécageuse et parcourir plus de 13 kilomètres depuis le centre de Nouméa pour y accéder par la terre, lui vaut d’être choisie en 1872, par le gouvernement de Versailles, comme lieu de déportation.

A cette époque l’endroit sert de lieu de quarantaine pour le bétail et de réserve de pêche utile à l’alimentation de la ville. Aussi le Conseil privé (précurseur du conseil municipal) n’apprécie t-il pas cette intrusion, d’autant plus qu’il craint que le voisinage de ce nouveau lieu de déportation avec le pénitencier de l’île Nou ne constitue un danger potentiel pour la population.

Le 28 septembre de la même année, le navire La Danaé débarque cependant un premier contingent de déportés qui sont regroupés au camp de Numbo. Deux autres camps seront aménagés, l’un à Tindu et l’autre, réservé aux femmes déportées, dont Louise Michel, ainsi qu’aux épouses et aux enfants des déportés, d’où le nom de baie des Dames donné à l’ancienne anse Richard.

Peu à peu, la Pénitentiaire occupe toute la presqu’île qu’elle relie à la terre ferme par une passerelle en bois. Il faut attendre 1936 pour que soit édifiée une première digue avant que ne soit ouverte la voie expresse n°1, et que soit aménagé le quartier de Rivière-Salée.

Entre-temps, le bétail venu du nord de la Grande terre par le chenal de Rivière Salée, traversera encore plusieurs années la zone marécageuse de l’anse Uare (auparavant nommée anse Castellane puis baie Sans Fond)
Durant la seconde guerre mondiale, la presqu’île de Ducos accueille des infrastructures de l’armée américaine : port en eau profonde, base d’hydravions, camps militaires, entrepôts…

Découvrez l'histoire de votre quartier...

 Tindu 
Ce quartier qui s’est développé à partir du début des années 70, se situe sur la côte nord de la presqu’île de Ducos, en bordure de la baie de Tindu, dont le nom peut se traduire par « baie des Îles ». A une autre époque, Tindu est un lieu de détention pour les déportés de la Commune, puis à partir de 1874 pour les Kabyles condamnés à la déportation en enceinte fortifiée à la suite de leur insurrection.

En 1881, d’autres Kabyles condamnés à la déportation simple sont transférés de l’île des Pins à Tindu, où ils jouissent de leur liberté jusqu’à l’amnistie prononcée le 1er février 1895.

Une première cité est construite dans les années soixante-dix le long de la route de la baie des Dames (ex RT1 bis). Depuis, Tindu s’est considérablement étoffé en habitats et équipements sociaux, dont une maison municipale de quartier, une maison de musique, une maison de la nature et des loisirs, un terrain de sport…

Les bâtiments les plus anciens de la cité ont été réhabilités dans le cadre d’une opération concertée entre la Société immobilière de Nouvelle-Calédonie (SIC), propriétaire des locaux, de la mairie de Nouméa, et de l’Agence de développement urbain.
 Numbo 
Ce quartier se situe sur la côte sud de la presqu’île de Ducos, au fond de la baie de Numbo qui s’inscrit en forme d’ « œil » (d’où le nom de numbo, en langue mélanésienne) entre la pointe Kuauri, qui la sépare de l’anse N’bi, à l’est, et la baie des Dames à l’ouest.

C’est dans la baie de Numbo que mouille le 28 septembre 1872, la Danaé qui transporte un premier contingent de déportés de la Commune. Ils sont détenus en enceinte fortifiée dans un pénitentier constitué de paillotes construites à la hâte sur l’îlot Kuauri.

Par la suite, l’administration pénitentiaire fait aménager un débarcadère, des entrepôts, une infirmerie, des logements pour les gardiens et un cimetière pour ces derniers, qui sera utilisé jusqu’en 1940.

Parmi les « communards » internés à Numbo, se trouve Henri Rochefort, député, figure intellectuelle, écrivain, rendu célèbre par son évasion par la mer un an après son arrivée, en 1873.

Le pénitencier se vide de ses déportés en 1880 à la suite de leur amnistie générale. En 1918, après une remise en état des locaux on y transfère les hanséniens (victimes de la lèpre) jusque là isolés sur l’île aux Chèvres. Ce centre de soins deviendra le centre Raoul Follereau en hommage à cet homme qui consacra sa vie aux lépreux et qui visita ce lieu à deux reprises, en 1952 et en 1956.

Durant la seconde guerre mondiale, la baie de Numbo est utilisée par les forces américaines comme lieu de mouillage d’hydravions à longue portée et de stockage de produits alimentaires.

Par ses activités de chalandage et de construction navale, le quartier perpétue une tradition instaurée par les charpentiers de marine qui disposaient à Numbo d’un domaine réservé qui fut loti en 1962. Plusieurs industries se sont développées depuis à Numbo, dont une cimenterie. De son côté, la DITTT y a implanté sa subdivision des Phares et balises et la Marine nationale sa base hydrographique de Nouvelle-Calédonie.
 Logicoop 
Le quartier de Logicoop occupe une position centrale au cœur de la presqu’île de Ducos. Il jouxte les quartiers de Tindu, Ducos, Ducos Industriel et Kaméré. Il est principalement desservi par la route de la baie des Dames qui le longe sur son côté nord.

Son nom lui vient du lotissement qui s’est développé entre 1960 et 1975 pour résorber la crise du logement social et qui s’est d’abord appelé la Cité d’urgence de Ducos avant d’être renommée Logicoop. De nouveaux logements ont été construits à partir de 1981 par le Fonds social de l’habitat.
 Koumourou 
Koumourou occupe à l’ouest, l’extrémité de la presqu’île de Ducos, là où elle se resserre entre la baie Rochel (jadis anse Ueoe), et la baie des Dames (successivement dénommée jadis anse N’Gui ou Ennegui puis anse Richard). Koumourou signifie « le trou profond » ou encore « le trou bleu ».

Sur son point haut, à 137 mètres d’altitude, face à l’îlot Freycinet (jadis îlot N’gou) le général Borgnis-Desbordes fait installer une batterie d’artillerie de quatre canons de 138,6 en un lieu baptisé « fort de Koumourou », après sa tournée d’inspection en 1888. Cet élément de défense côtière sera démonté fin 1986 pour être installé au camp militaire de Plum.

L’îlot Freycinet, qui fait face à la pointe Destelle (jadis pointe Jaboin), sert jusqu’en 1956 de lieu de quarantaine sanitaire. Il est particulièrement utilisé lors des épidémies de peste qui sévissent à Nouméa entre 1899 et 1900 puis entre 1902 et 1903 et enfin en 1912. Un isolement de douze jours sur l’îlot était obligatoire avant d’embarquer pour quitter la Nouvelle-Calédonie.

La route de la baie des Dames (ex RT1 bis) s’arrête à l’entrée de la baie du même nom. Au-delà l’espace est réservé aux installations de stockage des hydrocarbures et de gaz destinés à l’approvisionnement de la Nouvelle-Calédonie.
 Kaméré 
Kaméré occupe une avancée sur la côte nord de la presqu’île de Ducos, entre la baie de Tindu à l’est et la baie de Koutio à l’ouest.

Kaméré est un quartier en plein développement avec l’avènement de la nouvelle zone d’aménagement concertée (ZAC) « Kaméré 2 » qui s’inscrit dans la poursuite du programme d’habitat social lancé au début des années quatre-vingt-dix et qui a déjà permis de reloger de nombreuses familles jusque-là installées de façon précaire.
 Ducos 
Le quartier de Ducos par lui-même prend naissance à l’entrée de la presqu’île, le long de l’anse Uaré, aujourd’hui en grande partie remblayée. Il s’est développé à partir de 1954 autour de l’axe formé par la rue de Papeete qui le traverse dans toute sa longueur.

Avec le développement de la zone industrielle toute proche et la création du quartier d’habitation de Logicoop, le quartier initial de Ducos fait désormais partie d’un ensemble. Il fait régulièrement l’objet d’aménagements urbains et sociaux telles la réfection de la rue de Papeete et la réalisation d’une aire de jeux en bordure de cet axe ou encore la résorption de l’habitat insalubre.
 Ducos industriel
 Le nombre et la diversité d’entreprises qu’il concentre fait de ce quartier situé à l’entrée de la presqu’île de Ducos le cœur industriel de Nouméa et de la Nouvelle-Calédonie. Sa zone industrielle couvre une superficie d’environ 413 hectares. Elle se développe véritablement vers sa dimension actuelle, à partir des années qui marquent le « boom du nickel ».

Ce secteur est devenu au fil des ans non seulement le premier pôle industriel et artisanal du pays, mais aussi un pôle commercial important dans les domaines de l’ameublement, de l’électroménager, du bricolage, du jardinage, notamment, mais aussi en matière d’alimentation.

Parmi les initiatives et les implantations qui confirment l’orientation de type économie mixte prise par ce quartier, citons la création d’un marché hebdomadaire de demi-gros sous la halle de Ducos, l’implantation du complexe de commerces, docks et bureaux de « Ducos Factory », ou « Ducos Le Centre ».