Innovation, inclusion et créativité étaient au rendez-vous de la remise des prix du 22e appel à projets en faveur du handicap. Le centre communal d’action sociale de Nouméa a attribué des subventions à onze associations et établissements scolaires, ce lundi 20 juillet. Tous entendent concrétiser leurs idées et faire bouger les lignes, à leur niveau.
Déjà vingt-deux ans que le centre communal d'action sociale (CCAS) de Nouméa mise sur l'inventivité des acteurs du handicap. Et chaque nouvelle édition de son appel à projets rend plus "difficile la sélection, tant chacun démontre un intérêt certain et innovant", a reconnu le maire, Sonia Lagarde, en préambule de la remise des prix, ce lundi. Cette année, quatorze projets sur quinze ont été présélectionnés, entre mars et mai, sur la base de conditions précises : “Il faut être une association ou un établissement scolaire œuvrant dans le domaine du handicap sur la commune, précise Clarisse Montabord, cheffe du service animation et actions collectives au CCAS, et proposer un projet innovant, sans cofinancement, avec un budget maximum de 300 000 francs.”
Mais l’enveloppe globale de subventions, d’un peu plus de 2 millions de francs, n’a pas permis de répondre à l’ensemble des candidatures. Le jury, composé de trois élus municipaux et de trois membres du conseil d’administration, a ainsi dressé son palmarès avec onze lauréats. “La classification du projet est déterminée par son intérêt, son innovation, son impact”, ajoute la cheffe de service.
Du “jamais vu”
Dans la salle de réception de l’hôtel de ville pleine à craquer, effusion de joie sous les applaudissements à chaque annonce de prix. Les classes Ulis du collège François-Ollivaud sont arrivées en tête du classement. Une première pour l’établissement, en six participations. “On s'est servi des projets précédents pour monter celui-là, explique Pauline Torre, professeure en classe Ulis. Il y a deux ans, on avait gagné des iPads pour fabriquer des journaux télévisés et l'an dernier, on a gagné un casque de réalité virtuelle pour que nos élèves autistes appréhendent leur environnement de stage. Cette année, l’objectif est de créer un film immersif sur la migration des baleines à bosse, que l’on proposera au CDI en exposition permanente pour les autres élèves.” Pour parvenir à ce résultat, les trente-quatre élèves des trois niveaux, à partir de la 5e, rencontreront les baleines dans les eaux calédoniennes. “Aucun de nous n’a jamais vu de baleines, ça va être un grand jour”, s’enthousiasme Utrane Wamalo, 12 ans, impatiente d’apprendre la nouvelle à ses camarades.
Le cartable “de survie”
Si de nombreux projets sont tournés vers l’inclusion numérique, “il suffit parfois de modifier certaines petites habitudes”, pour faire la différence. C’est la conviction de Siegried Juglair, enseignante spécialisée au groupe scolaire Candide-Koch-Les Capucines, qui a gagné le 11e prix. Inspirée par “ce qui se fait dans l’Hexagone au travers du plan autisme”, la responsable de la Clis 1 pourra bientôt faire découvrir le “cartable sensoriel” à ses élèves, grâce à une subvention de près de 157 000 francs.
“Ce kit de survie” permettra aux enfants, notamment porteurs d’autisme ou d’un TDAH, “d’être bien à l’école”. “Ils ont des sensibilités très importantes, comme au bruit, ou des angoisses, qui jouent sur leur attention, leur comportement, leur fatigabilité.” Concrètement, aux côtés de la trousse et des cahiers, des casques anti-bruit, des time-timers pour se repérer dans le temps, des objets à manipuler ou encore des tabourets oscillants, viendront compléter l’attirail de ces écoliers.