La mandature 2024-2025 des conseillers municipaux juniors vient de s’achever. En guise de conclusion, une trentaine des quarante jeunes élus se sont réunis au sein de l’hôtel de ville de Nouméa, le mardi 2 décembre. Lors de cette séance plénière, ils ont dressé un bilan des projets réalisés, face à leurs parents et plusieurs élus adjoints au maire.
« Les CM [conseillers municipaux, NDLR], ils sont un peu comme nous, mais en plus grands », résume Mael Bethon, 10 ans. Le conseiller municipal junior (CMJ) élu du groupe scolaire Henriette-Gervolino et Marie-Courtot, n’a pas tort. S’exprimer avec des sigles et proposer des actions qui améliorent la vie quotidienne, il connaît : « Dans mon école, je me suis présenté avec une camarade. On a fait une pancarte avec nos idées : ramasser les déchets, installer des cages de foot et des jeux. » Dans la pratique, les projets ont dépassé ses attentes. Fin novembre, les CMJ ont élaboré et cuisiné un menu à base de produits locaux auprès du chef Alphonse Koce. Au total, 5 000 repas ont été servis dans les cantines scolaires de Nouméa, de Dumbéa et de Païta. Une opération « trop cool » pour Mael, la dernière du mandat des quarante jeunes élus.
Un concentré d’expériences
En avril 2024, les élèves des classes de CE2, CM1 et CM2 des trente-trois écoles publiques et privées de Nouméa avaient élu leurs soixante-six représentants. Mais le mandat a rapidement été suspendu et certains ont arrêté pour des raisons personnelles. « Le grand challenge pour nous, était de remettre le parcours sur les rails après les évènements de mai 2024 », explique Julie Schoenenberger, cheffe du service de la vie éducative en charge de l'animation et de l'encadrement du conseil municipal junior. Malgré une mandature perturbée, mission accomplie. En quinze mois, « un nombre incalculable de rendez-vous autour du parcours citoyen, de la solidarité, du bien être à l’école et de la culture » ont abouti.
Des expériences variées qui ont permis à Roseanne Utramada, 10 ans, de gagner en confiance. À l’entendre parler, difficile d’imaginer l’élève de l’école Saint-Joseph de Cluny, « vraiment timide ». C’est pourtant celle qu’elle décrit avant son mandat. « [Être élue], j'ai trouvé ça excellent. Ça m'a beaucoup aidée en termes scolaires. Maintenant, j’en connais plus sur l'histoire de Jean-Marie Tjibaou et de Jacques Lafleur. » Ce projet journalistique porté sur le thème de la paix reste son meilleur souvenir. « On a interrogé Monsieur Fred Fichet, le sculpteur de la statue. Ça m'a beaucoup intriguée. Surtout quand il nous a expliqué comment elle a été créée et ses inspirations. »
Sandro Membrives, 11 ans, a montré ses talents d’orateur devant un public de 120 personnes, lors de la finale du concours d’éloquence, en octobre. « On a fait douze séances d’entrainement à peu près. On s'est bien amusé avec Damien, notre professeur, et on a écrit des textes. Le jour du concours, j'étais un peu stressé avant de monter sur scène. À la fin, Maëlys a fini troisième. Andréa, deuxième. Et moi, j'ai fini premier », grâce à un sujet qui le passionne : le football.
Deux ans d’engagement
Cette casquette d’élu, Sandro ne voudrait pas la quitter. Mais comme ses camarades, il doit passer le flambeau. Une nouvelle étape l’attend avec le collège, à la rentrée prochaine. Un brin nostalgique, il se projette toutefois vers d’autres élections : « J’aimerais bien être maire quand je serai grand. »
"Cet engagement, c'est à la fois le rôle du parent qui se rappelle pourquoi il a proposé à son enfant de rejoindre le parcours. Et c'est l'enfant qui prend goût à s’investir au travers des rendez-vous qu'on lui propose", souligne Julie Schoenenberger, qui prendra en charge de nouveaux élus en herbe lors de la campagne de 2026.