Deux ans après l'incendie du commissariat de quartier, la brigade territoriale Nord de la police municipale retrouve son implantation au cœur du quartier de Rivière-Salée, face à l’établissement scolaire Robert-Burck. Un accueil de la police nationale sera également ouvert à compter du 1er juin. Entretien avec Antoine Dongoc, directeur de la police municipale.
D’où est née la volonté de se réimplanter à Rivière-Salée ?
Nous sommes sur le terrain depuis les événements, or là, on réimplante la brigade territoriale Nord, un effectif de dix agents, sur un secteur très étendu qui regroupe Rivière-Salée, Saint-Quentin, 6e, 7e et 4e kilomètres, Ducos, Kaméré, Logicoop. Elle est suppléée par d'autres unités, qui peuvent également patrouiller. L’objectif est de renforcer nos missions de police de proximité par de la sensibilisation à la prise de contact avec les habitants, des patrouilles mobiles, pédestres, mais aussi à VTT.
Vous ne serez pas seuls sur ce site, c’est la grande nouveauté ?
Absolument. La nouveauté de cette implantation, c’est la police nationale qui va bénéficier de locaux à côté des nôtres. Avec cette antenne délocalisée, la population n’aura plus à se rendre jusqu’au centre-ville pour déposer plainte. Ce type de commissariat commun, c’est une première. La police municipale est, et je le répéterai toujours, complémentaire de la police nationale. On a besoin de s’aider notamment sur les missions de voie publique. Il y a aussi, il ne faut pas oublier, les gendarmes, qui nous aident dans ces missions de proximité.
Au-delà de la présence et de la prévention, quels types d’intervention vous mobilisent le plus ?
Il y a une délinquance très mobile avec un phénomène de concurrence entre bandes de quartiers. Entre Koutio et Rivière-Salée, on a la voie Néobus. Des jeunes de Dumbéa viennent sur notre commune, mais nos jeunes aussi partent sur le secteur. Et puis on fait face à toutes formes de cambriolages dans tous les quartiers. Ce sont surtout des vols d'appropriation ou d’opportunité. On passe, on voit une maison avec une fenêtre ouverte sans forcément préméditer son vol, on rentre, on fouille. C'est un phénomène qui s'est accentué tout de suite après les événements. En 2024-2025, c'était surtout des vols d'appropriation alimentaire.
Outre le poste à Rivière-Salée, quel projet d’envergure attend la police municipale ?
Nous aurons l'extension des locaux de la police municipale - ceux qui accueillaient l’état-major de l’armée, rue Frédéric-Surleau. Nous commençons à y être à l'étroit avec tous les renforts arrivés depuis 2025. Je parle des policiers et des stewards de proximité. Ces derniers sont passés de six à seize, notamment dans le centre-ville, pour se rapprocher des SDF et faciliter la remontée des informations et des signalements des commerçants.
Bien souvent, la police municipale est sollicitée pour tout type de réclamations comme les nuisances autour des nakamals, les personnes sans abri ou les squats. Votre champ de missions semble alors méconnu. De façon pédagogique, que diriez-vous aux habitants ?
Le phénomène des sans-abris comme de la sécurité aux abords des nakamals ou des squats, c'est un phénomène qui doit être traité par toutes les forces de l'ordre et toutes les institutions. La ville, à elle seule, ne peut pas tout endiguer. Les missions de la police municipale sont la sécurité et la salubrité sur la voie publique. Elle est également là pour faire exécuter tous les arrêtés municipaux, ce qu'on appelle la police du maire.
La brigade territoriale Nord de la police municipale de Nouméa compte dix agents et couvre un secteur qui comprend les quartiers de qui regroupe Rivière-Salée, Saint-Quentin, 6e, 7e et 4e kilomètre, Ducos, Kaméré, Logicoop.