Entrée gratuite.
Visites libres :
- du mercredi au vendredi de midi à 17 heures ;
- le samedi de 10 heures à 17 heures.
Inscriptions aux visites guidées :
Les dates et les horaires sont ici.
Inscriptions aux médiations (groupes scolaires) :
- à l'accueil de la France australe (11, rue de la Somme) ;
- par téléphone au 24 49 29 ;
- ou par email à mediations.culture@ville-noumea.nc.
La ville de Nouméa présente, à la maison Higginson, une exposition exceptionnelle et inédite : plus de trois cents coquillages gravés par des condamnés aux travaux forcés au bagne de Nouvelle-Calédonie, entre la fin du XIXᵉ et le début du XXᵉ siècle.
Ces pièces historiques uniques témoignent de la vie, des échanges et de la circulation des images en milieu carcéral. À travers elles, un hommage est rendu à leurs auteurs, pour la plupart anonymes, longtemps méprisés ou ignorés.
UN PATRIMOINE INÉDIT RÉVÉLÉ
Spécifique au territoire calédonien par l’usage massif de la nacre (nautiles, trocas, huîtres perlières), cet ensemble de coquillages gravés n’avait jusqu’alors jamais fait l’objet d’une exposition d’une telle envergure ni d’une publication dédiée.
Ces objets relèvent de la "camelote" du bagne : une économie de la débrouille interne au système pénitentiaire colonial. Réalisés avec des moyens rudimentaires, ces souvenirs étaient vendus ou échangés par les bagnards pour améliorer leur quotidien. Ils constituent aujourd'hui des documents historiques majeurs sur la vie, les échanges et la circulation des images en milieu carcéral.
UN ENSEMBLE UNIQUE AU MONDE
Vendus comme souvenirs, ces objets ont quitté la Nouvelle-Calédonie, ce qui explique leur rareté aujourd’hui dans les collections publiques.
Grâce à une politique d'acquisition active, la ville de Nouméa conserve aujourd’hui la plus grande collection publique au monde consacrée à l’art du bagne calédonien.
À VOIR DANS CETTE EXPOSITION
- La collection Serge Kakou, acquise en 2003 : objets voyageurs (coquillages, noix de coco, ébénisterie).
- La collection Mireille Ardimanni, acquise en 2022 : un ensemble de pintadines, turbos et nautiles réunis sur 30 ans depuis les premiers coquillages acquis par son père, M. Vialatel.
- Des prêts d’exception issus des collections privées locales, du MUZ (Musée de la Nouvelle-Calédonie) et de la province Sud.
- Plus de 300 coquillages présentés dans l’exposition ;
- 30 graveurs sur nacre identifiés, dont neuf sont présentés dans l’exposition de manière détaillée.
DIRECTION SCIENTIFIQUE ET COMMISSARIAT
Porté par la ville de Nouméa, ce projet est dirigé par Louis Lagarde, maître de conférences HDR en histoire et archéologie de l’Océanie à l’Université de la Nouvelle-Calédonie. Co-commissaire de l’exposition et auteur de l'ouvrage de référence, Louis Lagarde s’appuie sur plus de vingt-cinq ans de recherches. Son travail a permis d’analyser un corpus de plus de mille objets et d'identifier les auteurs de ces œuvres, dont certains signaient leurs pièces.
L’ouvrage “Graveurs sur nacre, l'art des forçats de Nouvelle-Calédonie”, vient d’être publié aux éditions Au vent des îles, Tahiti, 2026. Il est disponible dans les boutiques des musées de la ville de Nouméa et en librairie.
DES PARTENARIATS SCIENTIFIQUES ET SOCIAUX
Dans le cadre de ce travail muséographique, la ville de Nouméa s’est appuyé sur un travail collaboratif avec différentes structures et acteurs du monde culturel, universitaire mais aussi de la formation professionnelle.
- L'Université de la Nouvelle-Calédonie (unité de recherches ISLE) pour le contexte historique et le Pôle P2M pour les analyses scientifiques (stéréomicroscope et microscope électronique à balayage) afin d'étudier les encres et les techniques de taille.
- Le Musée de la nacre et de la tabletterie de Méru (Oise) pour la reconstitution expérimentale des gestes de gravure.
- Le mobilier a été réalisé par les stagiaires du dispositif Spot du Giep-NC. Un hasard symbolique : leurs ateliers se situent au cœur des anciens bâtiments du camp central de l'île Nou, à proximité des anciens ateliers du bagne. Ce projet a également été enrichi par des actions de médiation culturelle : visites du site historique de l’Île Nou, rencontres avec des professionnels du patrimoine et des spécialistes de l’histoire du bagne calédonien. Ces échanges ont permis de donner du sens aux réalisations et d’ancrer le travail des stagiaires dans une véritable démarche culturelle.